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L'histoire des faïenceries
de Malicorne est longue et complexe. Elle a surtout été marquée par quelques
personnages dont les noms sont aujourd'hui associés à des uvres, des styles
particuliers ou des périodes de production. |
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Né
en 1721 en Touraine, Jean LOISEAU est le fondateur en 1747 de la première faïencerie de
Malicorne. Il installe sa manufacture dans une ancienne auberge Le Plat
d'Étain, nom que conservera sa manufacture. Il fait venir à Malicorne des peintres
en faïence comme Benoît TOMBERET ou des tourneurs comme Pierre et Guillaume RABIGOT,
tous trois originaires de la ville de Nevers. La production est très influencée par ces
ouvriers: le style de Nevers mais aussi celui de Rouen sont repris à Malicorne. Les
marchandises sont expédiées vers les villes du Mans ou d'Angers toutes proches, avec les
bateaux qui circulaient sur la Sarthe. Quand Jean LOISEAU meurt à Malicorne en 1785, son
fils Jean-Louis lui succède à la tête d'une manufacture déjà bien établie. |
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 Associé au travail de son
père depuis son plus jeune âge, Jean-Louis LOISEAU est un maître de manufacture
entreprenant. Sa plus grande réussite est sans doute sa participation en 1804 à
l'exposition industrielle organisée par CHAPTAL, alors ministre de l'industrie de
NAPOLÉON sur l'esplanade des Invalides à Paris.
Outre
une faïence toujours décorée dans les styles de Rouen ou Nevers, sa production
est comme au temps de son père utilitaire, ses qualités essentielles étant
selon les chroniqueurs de l'époque d'être résistante et de bien tenir
au feu.
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Peintre
et sculpteur originaire de Nevers, François Lachasseigne travaille
à Malicorne entre 1850 et 1860. Il y réalise une grande
qualité d'objets en faïence, de style gothique comme des fontaines,
ou des écritoires, des bénitiers ainsi que des statues.
Grâce à son travail, les faïenciers de Malicorne qui
alors produisent essentiellement de la vaisselle courante se tournent
vers une fabrication plus élaborée. Les oeuvres de François
Lachasseigne ont été éditées par Malicorne
jusqu'à la fin du XIXème siècle. Aujourd'hui assez
rares, elles sont très recherchées par les collectionneurs.
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On
doit en grande partie à André Arondel les débuts
de la production de faïences artistiques à Malicorne à
la fin du XIXème siècle. Beau-frère d'un faïencier
de Malicorne, André Arondel réalise dans des ateliers principalement
destinés à la fabrication des faïences communes des
pièces décorées dans le goût des majorliques
italiennes. On lui doit également un exceptionnel panneau de faïence
composé de trois carreaux intitulé " La guerre de Troie
" et dont la composition s'inspire d'une suite de tapisseries.
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(1865
- 1954) Né à Angers en 1865, Léon POUPLARD épouse en 1888 à Malicorne
Marie-Angèle BÉATRIX, fille d'un faïencier. C'est ainsi qu'il devient
à partir de 1890 faïencier à son tour, dans la manufacture fondée en 1747
par Jean LOISEAU. Léon POUPLARD marque surtout la production de Malicorne
quand il y introduit les décors genre Quimper dans les années 1890, à
la suite d'un voyage en Bretagne.
Malgré des procès avec les fabricants de Quimper, ce style qui connaît un vif succès
sera repris par d'autre fabriques de Malicorne.Avec Léon POUPLARD, la production se
diversifie: sujets religieux, animaux sauvages ou domestiques, décors de Marseille,
Moustier, Delft. N'ayant pas d'enfant, la faïencerie de Léon POUPLARD ferme, faute de
repreneur en 1952, deux ans avant sa mort. |
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(1887
- 1971) Émile TESSIER est né à Malicorne, dans le monde de la céramique
en 1887. Très jeune, il devient l'élève de Léon POUPLARD et se distingue
par ses qualités. Il
fonde ses propres ateliers à Malicorne en 1924, qui devaient devenir plus
tard les Faïenceries d'Art de Malicorne. Émile TESSIER s'entoure de collaborateurs
et d'artistes talentueux et ensemble, ils donneront un formidable élan
à Malicorne. Avec lui se développe le travail de l'ajouré qui a en grande
partie fait la réputation des faïences de Malicorne.
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Né
à Metz en 1942, Victor DESCHANG devient le directeur des Faïenceries d'Art
de Malicorne en 1984. Tout en préservant les anciennes techniques de travail
au sein des ateliers créés par Émile TESSIER et en conservant une production
traditionnelle, Victor DESCHANG, formé à l'école des Beaux-Arts, crée
de nouvelles formes et de nouveaux décors qui s'intègrent parfaitement
aux styles de Malicorne. La préservation des structures et du patrimoine
de la faïencerie permet aujourd'hui encore de réaliser des faïences qui
n'ont rien à envier aux modèles du XVIIIème siècle.
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